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oct 19

Fukushima : du mensonge au cynisme et de la peur à l’oubli.

Quel choix laisse-t-on au citoyens ?

Quel choix laisse-t-on au citoyens ?

Même les plus grandes catastrophes finissent avec le temps par effacer leurs traces des terrains et des mémoires qu’elles ont frappés. Les victimes poursuivent leur existence malgré le drame qui a bouleversé leur vie et les souvenirs des fléaux finissent par s’estomper au fil des générations jusqu’à se fondre dans l’inconscient collectif.

 

Mais comment oublier la catastrophe de Fukushima Daïchi alors qu’elle ne fait que commencer ?

 

C’est le vaste chantier médiatique entrepris  depuis plus de trois ans par le lobby nucléaire selon une stratégie déjà testées et éprouvées après la catastrophe de Tchernobyl.

 

 

 

Minimiser les dégâts et les risques

Mesures officielles systématiquement sous évaluées

Mesures officielles systématiquement sous évaluées

Cela a commencé par la minimisation de la gravité des destructions des réacteurs, à grand renforts de mensonges incroyables. Cela se poursuit par la sous évaluation systématique des retombées radioactives avec des appareils de mesures officiels placés en hauteur ou sur des plateformes régulièrement lessivées, au mépris complet des populations exposées.

 

Faire le dos rond

L’industrie nucléaire a simulé entre temps un vaste exercice d’auto flagellation tout en sortant de son chapeau de nouvelles solutions magiques pour renforcer une sécurité que ses représentants nous disaient pourtant acquise depuis longtemps.

 

Verrouiller l’information

La dernière étape du plan est l’oubli et pour cela, rien de tel qu’une loi du secret entravant la liberté de la presse au Japon (ou ailleurs) qui a pour effet de tarir les sources d’information plus sûrement que les fuites du sous sol de la centrale détruite.

Les effets de ces mesures se font déjà sentir sur Internet. Le mot clé « Fukushima » renvoie moins d’informations récentes et les médias institutionnels abordent ce thème plus rarement maintenant. Cela se traduit par un désintérêt progressif des citoyens comme le montre l’évolution de l’occurrence du mot clé dans le moteur de recherche Google depuis 2011 si l’on exclu le dernier semestre de 2013 qui coïncide avec l’arrivée des premier débris japonais sur la côte ouest américaine.

 

Evolution de la fréquence du mot clé "Fukushima" recherché dans Google
Evolution de la fréquence de recherche du mot clé « Fukushima »

 

Pour Gérard KOTTMAN, président de l’AIFEN: « Fukushima nous a finalement aidé »

Le lobby du nucléaire tente de se refaire une virginité en vendant une hypothétique sécurité qu’elle est en réalité bien incapable de garantir. C’est ce qu’elle vient de faire non sans un certain cynisme lors du dernier grand rendez vous du secteur au Salon Mondial du Nucléaire (WNE) qui s’est tenu du 14 au 16 octobre 2014 au Bourget.

Le président de l’Association des Industriels Français Exportateurs du Nucléaire,  Gérard KOTTMAN n’a pas hésité à affirmer dans un entretien avec un journaliste de La Tribune  que la catastrophe de Fukushima  «[ les ] a finalement aidé». Il prétend que «cet accident aurait pu être à la gloire du nucléaire» et que «le réacteur n’a pas fauté» mais seulement les système de sécurité, accusant au passage d’incompétence les électriciens Japonais qui sont pourtant leurs clients.

Ces phrases ne sont pas sans rappeler celles de Morris ROSEN après la catastrophe de Tchernobyl  qui affirmait que  » même s’il y avait un accident de ce type tous les ans, [il] considérerais le nucléaire comme une énergie intéressante  » (Voir d’autre citations vertigineuses de M. ROSEN)

 

Une industrie dans le rouge

L’industrie nucléaire semble fonctionner avec l’énergie du désespoir, en adepte des méthodes auto suggestives du Dr Coué, pour se convaincre qu’elle pourrait relever des défis insurmontables.

Aire de stockage des eaux contaminées.

Aire de stockage des eaux contaminées.

La réalité est plus sombre avec des comptes financiers dans le rouge notamment pour le « champion national » AREVA, des pertes d’exploitations récurrentes, des chantiers qui «s’enlisent» en France ou en Finlande, des centrales américaines menacées de fermeture, une centrale Japonaise qui sombre chaque jour un peu plus dans l’eau contaminée, un chantier pharaonique et ruineux pour la centrale Ukrainienne.

 

 

 

L’industrie nucléaire « blessée et aux abois » est prête à tout pour sauver son bizness, quitte à s’asseoir sur les fondamentaux de la démocratie comme elle a eu souvent l’occasion de la faire en prenant le contrôle de la communication et en organisant la désinformation.

 

Fukushima OkusaiLe tsunami majeur du 11 mars 2011 a rappelé à ceux qui l’avaient oublié que d’autres avant lui avaient déjà frappé. On était en droit de penser que les leçons du passé pouvaient nous protéger des erreurs à venir sans invoquer systématiquement la fatalité. Il semble que l’humanité (et les dirigeants qu’elle se choisit) ne soit pas encore prête à cette évolution.

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